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soixante-deux ans, âge où la plupart des gens songent à leur
retraite, Jeanne Liberman pénètre pour la première fois dans
un club de judo. Trois ans plus tard, elle était ceinture noire. Par la
suite, elle devait poursuivre son entraînement dans les arts martiaux et
obtenait à l'âge de soixante-douze ans la ceinture noire d'aïkido
et à l'âge de quatre-vingt ans celle de kung fu. A
l'âge de quatre-vingt-six ans, elle travaille 12 heures par jour, donne
des causeries, elle poursuit la pratique des arts martiaux, enseigne le yoga et
écrit un ouvrage inspirant, racontant sa vie et sa philosophie. Quels
étaient donc les secrets de Jeanne Liberman. Selon elle, chacun est à
même de découvrir ces secrets de longévité et santé,
pour peu que l'on veuille s'en donner la peine. Pour
faciliter à nos lecteurs cette recherche du secret de Jeanne Liberman,
nous vous proposons un résumé de la philosophie et quelques conseils
proposés par cette femme extraordinaire. Ce
que pense Jeanne Liberman de la vieillesse Passé
la cinquantaine la plupart des gens s'imaginent qu'ils s'engagent irrémédiablement
sur le chemin du déclin. Ils ont l'impression que la partie est jouée,
qu'il est trop tard pour entreprendre, que rien ne sera plus jamais comme avant.
Ce sentiment négatif est uniquement le résultat d'idées préconçues,
qui se trouvent renforcées, dans notre société, par la ségrégation
régnant entre les générations. Il y a ainsi des millions
d'hommes et de femmes qui se croient vieux alors qu'ils ne le sont que dans leur
imagination. La
notion de jeunesse ou de vieillesse n'a rien à voir avec le nombre d'années
qui se sont effectivement écoulées depuis notre naissance. C'est
une question d'état d'esprit. Il y a des vieux de trente ans et des jeunes
de quatre-vingt! La
vieillesse commence le jour où l'on pense que l'on est vieux, car nous
ne sommes rien d'autre que ce que nous pensons être. Il suffit donc de changer
le cours de nos pensées pour transformer notre vie. Il faut bien comprendre
que l'âge n'entraîne pas la fin du développement, c'est
au contraire l'arrêt du développement qui cause la vieillesse. Comment
ne jamais penser à son âge? En vivant pleinement chaque minute de
votre existence au lieu de ressasser inutilement le passé, ou de supputer
ce que l'avenir vous apportera. Seul le présent compte,
car seul le présent est vrai. A
propos de la mort La
peur de la mort est également responsable de bon nombre de vies gâchées.
Pourquoi s'inquiéter? Le corps disparait inévitablement un jour
et nous passerons tous par ce que nous appelons d'un mot chargé d'appréhension
et d'idées fausses, la "mort". Il est curieux de constater que
nous avons peur de quitter la terre, c'est à dire l'obscurité, pour
avancer en pleine lumière. Ceux qui "savent" aspirent à
ce divin moment. Ce sont les ignorants qui redoutent l'inconnu. Il
est très difficile, c'est vrai, pour la plupart des individus, de ne pas
séparer la mort de la vie. Or, cette notion de séparation est justement
à la base de tous nos tourments. Pour comprendre que la mort ne peut-être
séparée de la vie il faut admettre, tout d'abord, que l'évolution
ne s'arrêtant pas, la vie ne s'arrête jamais. Il
y a continuité en toute chose. ce que nous appelons la mort n'est
qu'un changement d'état après transformation. "Rien
ne meurt, tout se crée et se recrée à chaque instant"
disait Lavoisier. Pourquoi l'homme ferait-il exception à cette règle?
Certes notre corps disparaît, mais l'esprit subsiste, et notre âme
se réjouira le jour où elle s'échappera de l'enveloppe qui
l'étouffe. La mort n'est pas une fin, c'est le commencement d'une vie nouvelle.
Pensons-y de cette manière et la mort perdra sa lugubre tristesse. En
attendant ce jour profitons au mieux de notre existence terrestre en restant jeune
le plus longtemps possible. Pourquoi être triste sous prétexte qu'on
avance en âge? La tristesse c'est l'enfer en soi, et la porte ouverte à
tous les maux. la gaieté, en revanche, c'est l'épanouissement de
l'être et la compréhension de la vie. Soyez gai et tout le monde
le sera autour de vous. les meilleurs antidotes à la vieillesse s'appellent
l'optimisme et l'enthousiasme, qui vont de pair avec la capacité d'aimer.
Pour
réagir contre l'apathie et le pessimisme il existe un merveilleux moyen,
que tout le monde connaît et que très peu emploient, c'est le chant.
Depuis bien des années déjà, à mon cours tous mes
élèves chantent. Certains n'avaient jamais chanté de leur
vie et au début ils me regardaient effarés quand je leur proposais
de chanter. maintenant, ils ne pourraient plus s'en passer. Quoi de plus beau
et de plus tonique qu'une voix qui s'élève? Essayez! Chantez et
vous verrez la vie sous un autre jour. Peut-on
rester jeune lorsque l'on est malade? Voila
le spectre de la maladie qui s'avance... Comme s'il existait une relation directe
entre l'âge et la maladie! Non. On peut être malade aussi bien à
sept ans, ou à vingt-cinq qu'à quatre-vingt. La vérité
c'est qu'à partir d'un certain âge la plupart des gens ont peur d'être
malades, et qu'à force d'y penser ils finissent par le
devenir. Combien
s'observent, se palpent, s'auscultent sur toutes les coutures, jusqu'à
ce qu'ils aient enfin trouvé un petit quelque chose qui ne va pas? Alors,
ils en font un roman. Leur "maladie" devient leur préoccupation
majeure, leur raison de vivre. Quoi de plus triste que ces personnes âgées
passant leur temps à parler de leur maladie comme d'un être cher.
Se raconter leurs visites chez le médecin et comparer les mérites
de leurs traitements respectifs. N'y a-t-il pas mieux à faire que de se
pencher avec complaisance sur les petites misères du corps? La vie s'écoule
pendant ce temps-là. La
première chose à faire c'est de ne pas penser à la
maladie. Cela dit, il peut arriver que l'on soit vraiment malade. Dans
ce cas, on se soigne, voilà tout. Mais le mieux est encore de faire, ce
qu'il faut pour ne pas tomber malade. La maladie n'est pas une fatalité,
elle peut-être évités grâce à une bonne hygiène
de vie. C'est l'homme qui dégrade sa santé par l'ignorance
ou mépris des lois de la nature. Le
chemin de l'éternelle jeunesse Ayez
le sentiment d'être autre chose qu'un paquet de chair et d'os dévoré
de désirs. Ayez conscience de posséder une âme, un esprit,
qui appartient à ce TOUT qu'est l'univers. L'homme, à l'inverse
de l'arbre, ne plonge pas ses racines dans la terre, les siennes s'élèvent
vers le ciel et se nourrissent de l'infini. La
force énergétique qui gouverne le monde attend impatiemment que
vous sortiez de votre coquille pour vous combler de bienfaits. | Découvrez
les secrets et conseils de longévité et santé de Jeanne Liberman.
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Source
de cette chronique: La vieillesse ça n'existe pas. Jeanne
Liberman avec la collaboration de Claude Bobin. Éditions Robert Laffont
1978
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