Lorsqu'il
est question de dépression, trop de gens pensent immédiatement et uniquement
à la médication. On dirait que seuls les médicaments peuvent venir à bout de
cette maladie. On oublie trop facilement que plusieurs substances nutritionnelles
peuvent grandement aider les personnes dépressives.
Les
carences nutritionnelles reliées à la dépression
Dans un article
paru en février dans la revue Paris Match, le Dr Jean Michel Lecerf, nutritionniste
à l'Institut Pasteur, souligne que la dépression s'accompagne notamment d'une
modification des membranes des cellules neuronales. Cette modification implique
les acides gras qui composent ces membranes. Ce phénomène est accompagné d'un
déficit de certains acides gras particuliers, dont les précieux acides gras
de type oméga-3.
En milieux médicaux,
certains reconnaissent donc la possibilité que certaines affections puissent
être accompagnées de carences nutritionnelles. Du même coup, ils réalisent l'importance
de combler ces carences lorsque vient le temps de traiter ces affections
Le
rôle des acides gras de type Oméga-3
L'acide alphalinolénique
(un acide gras de type oméga-3) est un des deux acides gras essentiels. L'organisme
ne peut pas synthétiser cet acide gras à partir d'autres acides gras. Il doit
donc se trouver dans l'alimentation.
Cet
acide gras exerce un rôle capital dans la structure des membranes cellulaires.
Au niveau cérébral, il assure aussi le bon fonctionnement des neurotransmetteurs.
S'il ne se trouve pas en quantité suffisante dans l'organisme, l'activité des
neurotransmetteurs est perturbée.
Ce
qu'indique la recherche scientifique
Dans le domaine
de la dépression, deux sortes d'études ont été réalisées. La première consistait
à comparer des sujets dépressifs à d'autres sujets qui ne l'étaient pas. La
seconde consistait à évaluer les effets d'une supplémentation en acides gras
de type oméga-3 sur les personnes dépressives.
Ce type de recherches
indique clairement un lien étroit entre la carence en acides gras de type oméga-3
et la dépression.
La deuxième sorte
d'études, celle qui consiste à évaluer les mérites de la supplémentation en
cet acide gras est également fort révélatrice. Des chercheurs ont administré
cette supplémentation, à raison d'un à neuf grammes par jour, à des personnes
déprimées. Toutes ces personnes étaient traitées à l'aide d'antidépresseurs.
Ces personnes ont été comparées à un autre groupe de personnes déprimées recevant
uniquement les antidépresseurs.
Les résultats ont
montré une très nette amélioration de la condition des personnes recevant le
supplément d'acide gras. Celles ne recevant pas cette supplémentation, présentaient
une condition beaucoup moins intéressante.
D'autres
études à venir
À l'heure actuelle,
une très grande étude française est en cours. Elle permettra de mieux évaluer
la quantité précise d'acides gras de type oméga-3 requise pour aider les personnes
dépressives. Les résultats de cette étude seront connus dans deux ans.
Un
important facteur de risque
Il est probablement
encore trop tôt pour prétendre que la carence en acides gras de type oméga-3
est la cause principale de la dépression. Mais on peut au moins dire que cette
carence constitue un important facteur de risque, puisque lorsqu'elle est comblée
la condition des personnes dépressives s'améliore considérablement.
Par conséquent,
toutes les personnes déprimées devraient s'assurer d'un apport plus grand en
acides gras de type oméga-3. Pour y arriver, on peut choisir de consommer plus
de poisson gras, notamment la sardine et le maquereau. On peut aussi prendre
des acides gras sous forme de supplément.
Il existe deux
sources principales de ces suppléments d'acides gras. L'huile de graine de lin
est la première; la seconde est l'huile de poisson.
L'huile de graine
de lin contient l'acide alphalinolénique, un des deux acides gras essentiels.
L'huile de poisson renferme des acides gras plus complexes (à chaîne moléculaire
plus longue), comme l'ADH (acide docosahexaenoïque) et l'AEP (acide eicosapentaenoïque).
Il s'agit d'acides gras de type oméga-3 très importants.