Selon une étude parue dans le Journal of the American Medical Association, les médecins qui oeuvrent dans les salles d’accouchement, coupent beaucoup trop rapidement le cordon ombilical. Si cette pratique était retardée, une plus grande quantité de sang pourrait passer du placenta à l’enfant, ce qui augmenterait notamment son niveau de fer et réduirait les risques d’anémie dans ses premières semaines de vie.
Cette étude suggère d’attendre deux minutes de plus avant de couper le cordon ombilical. On sait que dans les pays dits développés on coupe le cordon ombilical très rapidement. On enseigne d’ailleurs aux médecins que le sang supplémentaire que recevrait l’enfant augmente les risques de jaunisse ou de polyglobulie (le contraire de l’anémie).
Comme on peut le voir, les médecins coupent rapidement le cordon ombilical en fonction de certaines maladies que pourraient rencontrer les enfants à la naissance. On ne se préoccupe pas des enfants normaux, mais de ceux qui pourraient présenter certains troubles de santé. L’accouchement a été médicalisé et pensé non pas en fonction de la santé, mais bel et bien en fonction de la maladie.
Il est incontestable que la santé des nouveau-nés serait bien meilleure si l’on ne coupait pas le cordon ombilical aussi rapidement. Le sang qui circule entre le placenta et l’enfant ne cesse pas son activité immédiatement après que ce dernier naît. Il y a encore une certaine circulation sanguine qui se produit entre le placenta et l’enfant. Il faut permettre à cette circulation de se réaliser normalement.
Dans le cours de naturopathie dispensé par l’Institut de formation naturopathique, on mentionne que le fait de couper le cordon ombilical alors que l’enfant est à peine sorti du ventre de sa mère est un acte d’une grande cruauté. Il faut en fait conserver intact le cordon, tant et aussi longtemps qu’il bat. Au moment de la naissance, l’enfant se met à respirer. Il s’oxygène maintenant de deux façons : par ses poumons et par le placenta. Les deux systèmes fonctionnent ensemble. Ceci a été prévu pour faire en sorte que le nouveau-né ne manque pas d’oxygène et reçoive tous les nutriments que sa mère puisse lui fournir. Évidemment, au départ, les poumons de l’enfant sont peu efficaces. Il a donc encore besoin, pour un certain temps, du cordon ombilical.
Proposer d’attendre deux minutes de plus avant de couper le cordon ombilical est une mesure bien timide. Elle a été faite par Eileen Hutton, principal chercheur impliqué dans cette étude et vice-doyenne du département de sage-femme de l’Université McMaster, à Hamilton.
Mais il ne faut pas penser que cette suggestion sera appliquée sur une large échelle dans les salles d’accouchement. Il faut beaucoup qu’une simple étude, si logique soit-elle, pour qu’une pratique médicale soit modifiée. S’il y a un espoir à entretenir, il viendra probablement du côté des sages-femmes!