Telle est la constatation que faisait, en 2006, le Dr Harold Varmus, lauréat du
prix Nobel de médecine et ex-directeur des National Health Institutes des Etats-Unis.
Le Dr Varmus affirmait que « malgré d’importantes dépenses fédérales et privées
dans la recherche sur le cancer et nombre de découvertes depuis dix ans sur ses
mécanismes génétiques et biochimiques, la médecine moderne exerce au mieux un
contrôle minimum par rapport aux autres grandes maladies. » Le Dr Varmus ajoutait
: « En fait, dans l’absolu, le taux de mortalité dû au cancer est quasiment inchangé
au XXI siècle, par rapport à ce qu’il était il y a 50 ans, alors qu’il a chuté
de près de 70% pour l’ensemble des maladies cardiaques, cérébrovasculaires et
infectieuses sur la même période. »
Il est donc permis d’affirmer que l’on
ne fait pas de progrès réels dans la guerre que nous menons au cancer. Malgré
qu’on invoque, lors de certaines campagnes publicitaires, de prodigieuses percées
de la médecine, les faits montrent clairement que les progrès sont pratiquement
nulles dans le domaine du cancer.
Le Dr Varmus et certains de ses confrères
réalisent de plus en plus clairement qu’un changement d’attitude s’impose pour
corriger cette situation. Il s’est dit d’avis que de véritables progrès ne pourront
être accomplis sans un changement profond de culture pour insuffler un esprit
de plus grande collaboration entre chercheurs, médecins, laboratoires pharmaceutiques
et les autorités de réglementation.
Pour le Dr Majid Ezzati, de l’Université
Harvard, il faudra aller un peu plus loin que le changement de culture et la collaboration
à laquelle fait allusion le Dr Varmus. En fait, «pour gagner la guerre contre
le cancer nous ne devons pas seulement nous concentrer sur les avancées biomédicales
mais aussi sur les technologies et politiques qui modifient les comportements
et l’environnement qui en sont responsables»
Voilà une pensée qui rejoint
bien l’approche HYGIONOMISTE® mise de l’avant par les membres du Collège des
Naturopathes du Québec et les membres praticiens de la Société ÉducoSanté.
C’est essentiellement vers la prévention qu’il faut se tourner pour gagner la
guerre contre le cancer. Plus précisément, il faut faire comprendre à la population
la nécessité d’adopter de meilleures habitudes de vie.
Certains changements
qu’il faut faire dans nos habitudes de vie sont déjà assez bien connus. La revue
médicale The Lancet a identifié, en 2005, neuf risques modifiables qui sont la
cause de plus d’un tiers des décès par cancers dans le monde. Parmi ces risques,
il faut mentionner le tabac, l’alcool, l’excès de poids, l’inactivité physique,
la faible consommation de fruits et de légumes, la pollution de l’air urbain et
les relations sexuelles non-protégées.
Dès l’instant oû la population deviendra
consciente du fait que nos habitudes de vie peuvent diminuer d’une façon significative
l’incidence du cancer, des pressions seront faites pour que nos connaissances
dans ce domaine soient davantage approfondies. On pourra alors rechercher systématiquement
et concrètement toutes les mesures à adopter, en rapport avec le mode de vie,
pour vaincre le cancer.
Dans ces conditions, de véritables progrès pourront
être réalisés. Au lieu de tourner en rond comme on le fait actuellement dans notre
lutte contre le cancer, nous pourrons vaincre ce dernier dans une large mesure.
Mais si nous ne prenons pas ce tournant essentiel, le cancer continuera d’être
une source souffrance atroce et inutile, en même temps qu’un important facteur
qui limite l’accroissement de la longévité.
Maintenant que l’élite médicale,
représentée notamment par les Dr Varmus et Ezzati et appuyée par la revue scientifique
The Lancet, est d’accord avec les naturopathes pour reconnaître que la guerre
contre le cancer peut être gagnée par des modifications dans les comportements
des individus, il faut trouver le moyen de mettre ces connaissances en pratique.
Dans le cas des personnes qui suivent sérieusement les recommandations naturopathiques
depuis longtemps, une bonne partie du travail est déjà réalisée. Mais ces personnes
ne sont pas encore suffisamment nombreuses pour qu’on puisse statistiquement observer
une diminution dans l’incidence du cancer. L’adoption de saines habitudes de vie
doit donc se réaliser sur une échelle beaucoup plus grande pour en constater les
bienfaits. La collaboration de tous sera donc requise pour en arriver à vaincre
le cancer.