Un chercheur de Winnipeg tentera de déterminer si le populaire régime Atkins
présente des risques pour les reins en entreprenant une étude sur des porcs soumis à un régime à teneur
élevée en protéines.
Harold Aukema, professeur au département des sciences de la nutrition humaine de l'Université du
Manitoba, a reçu 325 000 $ de l'Institut de recherche en santé du Canada pour entreprendre une étude
sur les effets à long terme d'une consommation élevée de protéines.
La tendance actuelle aux régimes faibles en glucides, inspirée de celui élaboré par le médecin américain
Robert Atkins, a motivé la recherche, a déclaré M. Aukema. Il souhaite ainsi déterminer les
conséquences d'une telle diète, qui prescrit à ses adeptes une alimentation où les oeufs, le steak et le
fromage occupent une place importante.
"Il n'existe aucune donnée sur les effets à long terme d'un régime comme celui d'Atkins, qui augmente la
consommation de protéines, a dit le chercheur manitobain. Des données recueillies sur de courtes
périodes ont néanmoins révélé que les reins sont très sollicités par ce type d'alimentation. L'étude nous
permettra de vérifier cette hypothèse concernant les dommages causés aux reins."
La recherche sera amorcée cet été et tentera aussi de déterminer si un régime à haute teneur en protéines
affaiblit les os ou réduit leur densité, a aussi indiqué M. Aukema.
Il y a deux ans, les gouvernements canadien et américain ont émis des recommandations encourageant
une consommation de protéines équivalente à 10 à 35 pour cent du total de calories absorbées dans une
journée.
Le Canadien moyen consomme environ 15 pour cent de protéines, a affirmé M. Aukema, qui remet en
question la nécessité d'un niveau aussi élevé. Selon lui, aucune information ne permet de réfuter les
risques d'une telle alimentation pour la santé.
"Je ne comprends pas pourquoi on a pu affirmer qu'il n'y a pas de danger, a dit le chercheur. En me fiant
aux études disponibles, je n'aurais jamais formulé une telle recommandation."
Selon le chercheur, la diète Atkins permet facilement à ses adeptes d'atteindre un niveau de protéines de
35 pour cent. "Comme il s'agit d'une nouvelle mode, il y a probablement peu de gens qui ont maintenu
une telle alimentation à long terme jusqu'ici", a-t-il affirmé.
M. Aukema considère que les personnes qui se bourrent de viande, d'oeufs et de produits laitiers pour
perdre du poids sont en quelque sorte des cobayes, puisqu'il n'existe aucune étude à long terme des
effets d'une telle alimentation.
Pour sa recherche, le scientifique mènera des expériences sur des porcs, dont le système rénal est
similaire à celui des humains. Pendant un an, un groupe de 30 porcs suivra le régime alimentaire du
Canadien moyen, avec un niveau de protéines de 15 pour cent provenant de viandes, d'oeufs, de
produits laitiers et de végétaux.
Un autre groupe se régalera d'un menu composé à 35 pour cent de protéines provenant essentiellement
de sources animales, car les personnes qui augmentent leur consommation de protéines renoncent bien
souvent aux végétaux.
"Nous verrons ensuite s'il y a une différence entre leur système rénal", a dit M. Aukema.