L’hypnose avant l’opération du cancer du sein peut diminuer les douleurs subséquentes, révèle une étude

 

L’hypnose avant l’opération du cancer du sein peut diminuer les douleurs subséquentes, révèle une étude

Les femmes qui se soumettent à l’hypnose tout juste avant d’être opérée pour le cancer du sein ont besoin de moins d’anesthésique et connaissent après l’opération moins d’effets secondaires et de douleur, révèle une étude

Cette étude américaine a également établi que les patientes qui s’étaient prêtées à une session d’hypnose avec un psychologue une heure avant l’opération avaient passé moins de temps en salle d’opération – environ 11 minutes, en moyenne – entraînant ainsi une réduction des frais, en partie grâce à un temps d’opération plus court.

« Les patientes atteintes du cancer du sein forment un groupe en détresse », affirmait jeudi à New York l’auteur responsable de l’étude, Guy Montgomery, un psychologue clinicien au Mount Sinai School of Medecine. « Tant d’un point de vue psychologique que d’un point de vue physique, ce avec quoi elles doivent composer n’est pas facile. Et c’est sans parler de l’opération. »

« À leur sortie de l’hôpital, nos patientes avaient des douleurs moins intenses, étaient moins incommodés par la douleur, avaient moins de nausées, étaient moins fatigués, se sentaient plus à l’aise et étaient moins traumatisées par l’expérience dans son ensemble », a assuré Montgomery à propos de celles qui avaient été hypnotisées.

Pour réaliser cette étude, publiée mardi dans l’édition en ligne du Journal of the National Cancer Institute, 200 femmes qui avaient rendez-vous pour une biopsie ou pour une chirurgie mammaire conservatrice ont été inscrites au hasard à une session d’hypnose de quinze minutes ou à une courte période d’écoute empathique avec un psychologue.

Les patientes orientées vers la session d’hypnose ont d’abord été rassurées par les psychologues qui ont démystifié l’hypnose et les stéréotypes véhiculés à son sujet dans les films et à la télévision, a expliqué Montgomery, le directeur de l’Integrative Behavioural Medecine Program au Mount Sinai.

« Nous avons répondu aux questions des patientes dont à la fameuse « Est-ce que je vais glousser comme un poulet ? », a-t-il rappelé en riant. Nous leur avons expliqué que l’hypnose n’est pas une prise de contrôle de l’esprit, que nous n’allions pas leur demander de faire quoi que ce soit de gênant. Ça n’a rien à voir non plus avec le fait de prendre une drogue puissante qui vous laisserait inconscient. »

« Il s’agit plutôt d’une façon de concentrer l’attention, d’améliorer la concentration de la patiente jusqu’à ce qu’elle soit capable de se détendre et d’être en parfait contrôle d’elle-même. »

On a demandé à chaque femme de fermer les yeux et de s’imaginer dans un endroit calme, comme une plage un beau jour d’été. Le psychologue a ensuite aidé la patiente à se détendre complètement. Une fois sous hypnose, des suggestions étroitement liée à la convalescence de l’opération lui ont été faites.

« Nous leur disons des choses comme : « Vous allez peut-être connaître une certaine douleur après l’opération mais votre oasis de calme va vous protéger… et cette douleur vous dérangera à peine », a ajouté Montgomery.

« Nous précisons à nos patients qu’il ne s’agit pas de magie. Nous n’allons pas faire disparaître la douleur de chacune à 100 pourcent. Mais, il s’agit d’une façon de réduire la douleur. Si votre douleur peut représenter un huit (sur une échelle de 0 à 10), nous voulons la faire baisser à quatre. »

Les chercheurs ont remarqué que puisque les patientes du groupe de l’hypnose souffraient d’effets secondaires moins prononcés, elles passaient une plus courte partie de leur convalescence à l’hôpital, tandis que le temps gagné dans la salle d’opération représentait pour l’hôpital des économies de 773 dollars américains par patiente.

« Le plus important est qu’il s’agit d’un service tout simple qu’on peut rendre aux patientes tout en économisant. On gagne ainsi sur tous les tableaux, affirmait-il. Nous pouvons réduire les effets secondaires de l’opération sans pratiquement utiliser les ressources du système de soins de santé. Cette pratique se finance d’elle-même. »

Le docteur May Lynn Quan, une oncologue spécialisée dans les chirurgies mammaires au Sunnybrook Health Sciences Centre à Toronto, qualifie l’hypnose précédant l’opération d’ « idée très novatrice… Nous sommes toujours à la recherche de façon d’améliorer l’expérience des patients et quand nous pouvons le faire sans recourir aux médicaments et sans avoir besoin d’acheter un appareil dispendieux, c’est particulièrement excitant. »

Mais Quan fait remarquer que l’étude a nécessité l’apport de psychologues cliniciens ayant subi un entraînement rigoureux, un type de spécialistes qu’elle n’estime pas très répandu dans la plupart des hôpitaux canadiens.

De plus, elle relève que le type d’anesthésique utilisé par les médecins américains – un médicament appelé propofol qui entraîne une sédation profonde au lieu de la perte de conscience que provoque une anesthésie générale – n’est pas très utilisé par les chirurgiens du cancer du sein au Canada. Il est donc difficile de déterminer si les résultats de l’étude s’appliquent encore.

Le docteur David Spiegel, un psychiatre à la Stanford University School of Medecine en Californie, fait l’éloge de cette « étude impressionnante » qui fait écho à des études passées qui ont mis en évidence le potentiel de contrôle de la douleur de l’hypnose.

Dans un article accompagnant l’étude, il rappelle que la recherche neurologique a démontré que l’hypnose pouvait réellement modifier la sensation de la douleur, plutôt que la simple réponse d’un patient à la douleur.

« Il nous a fallu un siècle et demi pour redécouvrir que l’esprit avait un lien avec la douleur et pouvait être un excellent outil pour la contrôler », écrit Spiegel. « Il est désormais très clair que nous pouvons apprendre au cerveau à réduire la douleur : à s’y laisser aller plutôt qu’à la combattre. »

Montgomery a fait part de son intention de tester l’hypnose auprès d’hommes devant être opérés de la prostate et auprès d’autres patients en attente d’autres opérations. Il aimerait également que la pratique se répande dans tous les hôpitaux.

« L’hypnose est facile d’utilisation. Elle peut être administrée brièvement. Il s’agit d’une intervention pratique à laquelle nous pouvons recourir en plus de tout ce qu’on retrouve déjà dans les cliniques chirurgicales… En plus, il s’agit d’un traitement sans effets secondaires grâce auquel les gens se sentent mieux et qui peut être administré en une quinzaine de minutes. »

 

 


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