Les personnes souffrant d’une maladie intestinale inflammatoire (MII), ce qui
comprend la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, sont particulièrement exposées
au syndrome du canal carpien et à d’autres troubles neurologiques, selon une étude.
« Nous avons constaté que les personnes atteintes d’une maladie intestinale
inflammatoire risquent plus que six fois davantage de présenter un trouble nommé
polyneuropathie sensorimotrice, une maladie des nerfs qui peut causer de la faiblesse,
de la douleur et des engourdissements, a indiqué le Dr Francisco De Assis Gondim.
Les personnes ayant une maladie intestinale risquent quatre fois plus de manifester
des symptômes faisant partie du spectre de la neuropathie dite des petites fibres,
qui cause de la douleur et une perte de sensation au niveau du pied. Les personnes
atteintes d’une MII sont quatre fois plus sujettes au syndrome du canal carpien
que celles qui n’ont pas ce type de maladie. »
Tous ces troubles étaient plus
fréquents chez les femmes atteintes d’une MII que chez les hommes, a ajouté le
Dr Gondim.
Ces conclusions devaient être présentées à la réunion annuelle
de l’American Academy of Neurology, à Boston.
Aux fins de l’étude,
les chercheurs ont comparé 103 personnes ayant la maladie de Crohn et une colite
ulcéreuse à 51 sujets ayant d’autres troubles digestifs, dont des brûlures d’estomac
chroniques, la gastrite et le syndrome du côlon irritable.
Le syndrome du
côlon irritable atteint principalement le gros intestin et cause de la constipation,
de la diarrhée, ou les deux à différents moments.
L’équipe du Dr Gondim a
procédé à une évaluation neurologique standard des sujets, ce qui comprenait des
tests de dépistage de problèmes neurologiques.
Ils ont découvert que les personnes
souffrant d’une MII risquaient beaucoup plus de présenter divers troubles neurologiques
comparativement aux sujets d’autres groupes.
Le lien exact entre les troubles
intestinaux et neurologiques n’a pas encore été clairement établi.
« Voilà
une question méritant une analyse approfondie, car chez nombre de patients, je
pourrais diagnostiquer d’autres troubles médicaux qui auraient pu au moins contribuer
à l’apparition de dommages neurologiques, par exemple le diabète, l’intolérance
au glucose, des carences en vitamines, l’hypothyroïdisme, a dit le Dr Gondim.
Toutefois, dans beaucoup de cas, nous n’avons aucune explication (autre qu’une
MII), ce qui pourrait indiquer une carence nutritionnelle non diagnostiquée ou
une atteinte nerveuse permanente d’origine immunologique. »
Au dire du Dr
Gondim, on ne sait pas encore de quelle manière tous ces facteurs peuvent interagir
pour influer sur l’évolution de la MII.